MAIS QUE PENSENT LES PROFESSIONNELS DE TOUS CES LABELS ?

Nous avons demandé leur avis à quelques experts français :


Nicolas Fouchère, President du Laboratoire Sicobel - BcomBio

« Des Labels toujours des labels ! ils sont pourtant utiles à condition qu’ils apportent toujours plus de transparence pour le consommateur. En France dans la cosmétique BIO, les choses ont été clarifiées avec l’arrivée de la certification Bio dont COSMEBIO est le fondateur et le promoteur en partenariat avec les organismes certificateurs dont le principal ECOCERT, avec cette volonté dès le début des réflexions (en 2000) de mettre à disposition un label validé par les instances de la République : publié au Journal Officiel début 2003 le consommateur pouvait enfin être rassuré sur les produits cosmétiques BIO certifiés.
Il existait déjà NATURE et PROGRES mais c’était un label privé développé et contrôlé par des fabricants. Depuis, plus de transparence et un contrôle sont en place dans ce label, mais pourquoi continuer sur un label privé alors qu’un label officiel existe ?
Cela n’empêche pas certains autres labels de surfer sur la vague BIO, notamment les marques cosmétiques adhérentes au label allemand BDIH, qui lui prône une cosmétique naturelle (certes de qualité) et ou la place de l’origine BIO des composants n’est pas dynamique et n’est pas matérialisée par des minimums BIO comme dans le label officiel français ; ces marques ont tendance dans leur discours marketing à se faire passer pour BIO alors qu’en vérité elles ne le sont pas (sinon elles seraient certifiées !).
En Europe, le mouvement de la cosmétique BIO s’est aussi développé avec la réserve faite précédemment pour le label allemand BDIH, (qui s’applique d’ailleurs à des dissidents de BDIH qui ont fondé NATRUE ), SOIL Association en Angleterre, AIAB et ICEA en Italie, ECO-GARANTIE en Belgique.
Beaucoup de labels en Europe, mais quel est leur poids dans le monde ?
Difficile d’y répondre, c’est pourquoi ces labels se sont mis autour d’une table afin de définir le label européen COSMOS pour peser à l’international, avec un souci d’uniformisation des labels autour d’un socle commun : cela demandera du temps mais cela en vaut la peine car trop de labels tue la finalité du label ».


Damien DOUCHET, Directeur General de H2bi0 aux USA

« La situation aux US est différente de l’Europe, notamment compte tenu du faible historique du marche bio.
Il n’y a pas de référentiel bio pour la cosmétique ou la détergence (mais énormément de marketing Green), contrairement à l’alimentaire, où le label USDA Organic est sérieux, reconnu et respecté.
Des grands groupes cosmétiques ou chimiques cherchent à développer des labels pour s’auto-octroyer une bonne image, mais pour l’instant rien ne s’est mis réellement en place, et le manque d’indépendance laisse planer le doute sur la transparence et la réelle volonté de protéger le consommateur.
Il est à noter une initiative inédite du principal distributeur de produits ‘Bio’ aux US : Wholefood, ils ont défini leur propre standard, pour aider leurs consommateurs à choisir dans leur sélection de produits bio.
Enfin, des organismes indépendants travaillent au développement de standards proches de la philosophie développée en Europe. C’est le cas de ANSI / NSF qui vient de finaliser son label cosmétique NSF305, et qui continue de travailler pour le rapprocher de l’initiative NATRUE, afin d’obtenir un rayonnement mondial ».

Juliette Didier H2bio, Chef de produits France H2bio

« Jusqu’ici, chaque pays européen contient ses propres associations, avec leurs propres labels donc il est devenu important d’harmoniser tout cela avec un cahier des charges commun…
En France : Cosmebio, créé en 2002 par une dizaine de laboratoires pionniers de la cosmétique bio définit un cahier des charges précis sur les ingrédients autorisés mais aussi les process, les fameux 10% bio minimum sur le produit fini, les 95% d’ingrédients d’origine naturelle et les packaging à utiliser… Ecocert est « juste » un organisme certificateur de Cosmebio mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi l’organisme QUALITE France qui peut certifier les produits selon la charte Cosmebio. Un point à noter : Ecocert commence aussi à sortir ses référentiels (comme les parfums d’ambiance, la détergence, mais il certifie aussi en « propre » certaines marques de cosmétiques), ce qui n’est pas très clair car il est difficile d’être juge et partie.
En Allemagne, BDIH, vraiment un pionnier, créé en 1951, a développé son cahier des charges « cosmétiques naturelles contrôlées », contrôle indépendant comme Cosmebio. Notons que le cahier des charges contrôle surtout le coté naturel du produit et moins les ingrédients bio, il repose sur une liste positive de matières premières autorisées, mais cette liste est moins stricte que celle de Cosmebio.
En Italie, l’Association IAIB a développé en collaboration avec ICEA un cahier des charges « environnement friendly cosmetics » qui régit surtout les ingrédients autorisés mais il n’y a pas vraiment de seuils de % de composition du produits finis.
En Angleterre, la Soil Association, est super stricte, voire trop, il ne faut pas oublier que nos cosmétiques doivent être agréables à utiliser !
En France, Nature & Progrès est très strict aussi, et n’ouvre pas trop ses référentiels au progrès, c’est un petit peu le défaut à mon avis.

Pour résumer, Cosmébio est vraiment un bon compromis pour le consommateur avec un cahier des charges accessible à tous... il a ajouté plus de transparence pour le consommateur avec les obligations de mettre en évidence dans la liste INCI les ingrédients bio en les identifiant par des astérisques, et en fixant des % d’ingrédients naturels et bio minimaux et l’obligation de les mentionner sur l’étiquette du produit…

Depuis plusieurs années, tous ces organismes se réunissent pour essayer d’harmoniser tout cela (avec BIOFORUM aussi en Belgique), ainsi arrive sur le marché le Label Cosmos avec un cahier des charges encore plus strict : à terme, les formules devront être 100% naturelles, le minimum bio sur le produit qui passe de 10% à 20% (sauf pour les produits à rincer comme les shampoings qui contiennent forcément plus d’eau) ..., mais cela va quand même permettre d’écarter certains acteurs récents ou les forcer à reformuler un peu mieux !!!. Il faut dire que c’est assez simple d’arriver à ces 10% bio (et 95% ingrédients naturels) comme les gels douche ou déodorants d’Ushuaia, on ne met que de l’eau, on ajoute un ingrédient bio quelque part histoire d’avoir les pourcentages et voila … voire même, pour le déo, c’est l’alcool bio qui fait tout le % bio du produit ...
Le plus aussi de Cosmos : il reste ouvert à l’innovation avec son concept de Chimie Verte, qui nous ouvre la voie vers de nouveaux procédés d’extraction de principes actifs performants tant que tous les procédés sont prouvés « green »…

Natrue : Un label d’origine allemande qui a essayé de faire son propre cahier des charges « international », mais tellement complexe et incompréhensible pour le grand public que le client au final ne peut pas comprendre ce qu’il y a dans les produits. De plus, les garanties ne sont pas très strictes ... selon mes calculs, les produits peuvent se contenter de 19% bio max avec une formule naturelle à 20% max… et ne prennent pas en compte l’eau dans les calculs de % d’ingrédients bio ou naturels ; tandis que Cosmebio et Cosmos prennent en compte la formule entière, ce qui fait une grande différence. Par exemple : Une lotion qui ne contient que de l’eau et 4% d’extraits végétal bio, affichera chez Natrue un produit bio à 96% alors que chez Cosmos, cela ferait 4%bio donc NON CERTIFIE.

Pour conclure, je dirais que le consommateur devra être vigilant et se renseigner pour savoir ce que veulent dire les % mentionnés sur les produits s’il souhaite des produits bio de qualité. En attendant, chez H2bio, nous mettons en avant le coté actif du produit, car nos soins ne sont pas dilués avec quelques actifs bio … mais sont vraiment des concentrés d’actifs végétaux (et dans tous ces végétaux, que du bio …) pour offrir une efficacité maximale pour la peau tout en restant concentré sur la galénique du produit, l’agrément cosmétique par des textures fondantes, qui pénètrent super bien, des senteurs envoutantes, des shampoings qui moussent et qui préservent les épidermes fragiles …