La Grande Barrière de corail va-t-elle disparaître ?

D'après un rapport commandé par la WWF, le site classé patrimoine de l'UNESCO est menacé par l'industrialisation.
Avec plus de 400 espèces de coraux différentes, fréquentée par plus de 1500 espèces de poissons, de requins, d'espèces menacées comme la grande tortue verte, la Grande Barrière de corail (en anglais : Great Barrier Reef) est le plus grand récif corallien du monde comptant plus de 2 900 récifs et 900 îles s'étirant de Bundaberg à la pointe du Cap York soit plus de 2 600 kilomètres sur une superficie de 344 400 km². Le récif se situe en Mer de Corail au large du Queensland, en Australie.





"La Grande Barrière de corail, un futur dépotoir ?" s'interrogent-t-ils.

Les militants de cette ONG veulent faire réagir l'opinion mondiale et mettre le gouvernement australien sous pression. 
«La Grande Barrière de corail est un des habitats naturels océaniques les plus riches : il abrite de nombreuses espèces protégées, et représente un atout économique pour l’Australie et un trésor naturel pour le monde entier. Faire du récif un dépotoir n’a aucun sens, non seulement du point de vue environnemental, mais aussi du point de vue économique puisqu’il s’agit ici de construire des ports inutiles» dénonce dans ce texte Marco Lambertini, le Directeur général du WWF International.

Pour tenter d'éviter la sanction, l’Australie a annoncé une mesure forte, samedi 24 janvier : l'interdiction du déversement de déchets de dragage dans le parc marin où se trouve le site. Cette pratique est courante lors des opérations d'élargissement des chenaux, mouillages et marinas.

Et c'est peu dire que ces derniers sont sollicités : 10 000 navires ont traversé la Grande Barrière entre 2012 et 2013 selon l'autorité chargée de la gestion du site, la GBRMPA (PDF). Le nombre de passages devrait même augmenter de 250% en 20 ans. Un dynamisme qui s'explique par les richesses naturelles présentes sur ce territoire. L'Etat du Queensland exploite du charbon, du minerai de fer, du gaz naturel ou encore de l'uranium. Des ressources qui sont exportées en masse par la mer. Le dragage permet alors aux cargos géants d'atteindre sans difficulté les ports australiens. Sauf que cette profonde modification du paysage marin n'est pas sans conséquence. Les déchets déversés abîment la Grande Barrière de corail.

L'activité portuaire liée au commerce des ressources naturelles n'est pas la seule coupable de la dégradation du récif de corail. L'agriculture locale a aussi une grande part de responsabilité. L'Etat du Queensland possède des hectares de culture dédiés à la production de banane, de canne à sucre, de papaye ou encore d'ananas. Conséquence : des concentrations importantes de pesticides sont détectées jusqu'à 60 kilomètres à l'intérieur de la barrière de corail, indique le WWF.  

Une utilisation pointée du doigt par le dernier rapport du GBRMPA, l'institution australienne chargée de la protection du récif : "Le tiers nord de la Grande Barrière de corail n'a pas changé en trente ans. En revanche, sur les deux tiers sud, la déforestation côtière et l'usage intensif des pesticides par les agriculteurs ont considérablement dégradé la qualité de l'eau et endommagé les coraux." 

Signe encourageant : les rejets de pesticides dans l'océan Pacifique étaient en recul entre 2009 et juin 2013. Les autorités australiennes ont réalisé une étude qui signale que l'écoulement de pesticides a été réduit de 28% sur tout le récif. Les rejets de nitrates ont quant à eux diminué de 16%. 

Vous pouvez retrouver l'intégralité du communiqué du WWF à l'adresse suivante :  http://www.wwf.fr/?4140/La-Grande-Barriere-de-corail-un-futur-depotoir