Des révélations difficiles à digérer


Malgré des critiques de plus en plus vives et nombreuses, l’industrie de l’agro-alimentaire continue ses pratiques peu éthiques, et à utiliser bon nombre de subterfuges dans l’espoir d’abaisser les coûts de production et d’augmenter leurs marges.
Ces ruses portent sur les appellations, la composition des aliments, leur qualité, voire leur quantité. Dans son interview pour France Inter, Christophe Brusset, ancien trader dans l’agro-alimentaire, nous livre les stratagèmes utilisés par les entreprises pour dissimuler leurs manœuvres et abuser le consommateur.

Il nous explique, par exemple, que l’appellation n’a aucun lien avec la provenance de l’objet. Elle ne correspond qu’à une recette ou un mode de production. C’est ainsi qu’on se retrouve avec des escargots de Bourgogne élevés en Turquie, ou des cèpes de Bordeaux qui viennent de Chine. Cela permet aux entreprises de réduire considérablement leurs dépenses. L’utilisation de l’appellation, qu’on pourrait trouver abusive, est en fait totalement légale.

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Souvent aussi, des opérations sont effectuées directement sur la structure des aliments : afin d’augmenter les bénéfices, on essaie de vendre davantage de produit. Pour cela, on utilise l’ingrédient le plus économique : l’eau, et on en injecte le plus possible dans la denrée, afin d’en augmenter la masse volumique. Or, pour que l’eau ne ressorte pas, il faut ajouter des additifs, des conservateurs, etc. À la fin, on se retrouve avec des aliments gorgés d’eau et de produits chimiques. Des jambons industriels sont parfois composés jusqu’à 25% d’eau ; en pratique, cela signifie que sur 4 tranches achetées, 1 n’est composée que d’eau.

Des substituts sont également utilisés, pour reproduire des goûts à coûts réduits. C’est ainsi qu’on trouve sur le marché des aliments qui ne contiennent presque plus rien du produit d’origine (de la confiture de fraise sans fraises, du miel au sirop de glucose, etc).

On constate également une évolution du nombre de diabètes de type 2 (90% des diabètes), liée à la consommation massive de sirop de fructose, qui se digère très mal et surcharge l’organisme en sucres et en graisses. Ces sirops, qu’on retrouve dans presque tous les produits de l’industrie alimentaire (charcuterie, plats préparés, desserts, soupes, …) présentent un double intérêt. Non seulement ils sont plus économiques que du vrai sucre pour un pouvoir en sucre supérieur, mais ils laissent en prime une sensation de faim, qui incite le consommateur à en ingérer davantage.

Enfin, le moyen ultime d’augmentation des prix, est la baisse de grammage : le consommateur achète un produit au même prix qu’auparavant, seulement il en achète moins, sans en être averti.

Il est donc clair que l’industrie agro-alimentaire profite largement de notre sous-information. Elle ne commence à prendre des mesures que lorsque des études ont abondamment prouvé que certains produits étaient néfastes pour la santé, et que les consommateurs eux-mêmes se mettent à boycotter en masse certains aliments. Maintenant que vous en savez plus, à vous d’agir !